Samedi 10 mars 2007
Je marche tout droit, sur une corde fine, je n'en vois pas le bout. Je suis dans le vide. Il n'y a pas de filet sous mes pieds. Ou plutôt si, des bras tendus, qui se croisent et se mêlent. Ca m'inquiète, m'attire, ma faiblesse pourrait me faire céder à cet appel. Et puis c'est si dur de continuer à jouer les équilibristes. Après tout il serait si simple de se laisser tomber, de lâcher prise, sentir mon corps flotter, s'enivrer, connaitre enfin des choses que je n'ai jamais ressenties... la tentation est si grande.
Oui mais après ?... Comment remonter sur la corde ?
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Lundi 5 mars 2007
L'oeil s'ouvre. L'autre ne tarde pas. Et dire que l'on a bien dormi ! Les premières secondes du réveil sont encore appaisées, puis la réalité prend le dessus. On aurait bien voulu aller lui faire un calin. On aurait bien voulu aller lui faire un baiser, comme les autres jours ; mais voilà, on ne peut pas. Hier on s'est disputés et on s'est endormis fâchés. Pauvres de nous. Plutôt que de tout mettre carte sur table, voilà qu'on s'est étripés et qu'on a laissé la nuit et ses conseils s'emparer de nous. Il est là, à côté. Juste vingt centimètres. Un vrai fossé. La nuit a diminué notre orgueil, notre agressivité ; on commence a regretter. Et si on allait l'un vers l'autre comme si de rien n'était ? Après tout on s'aime alors pourquoi ce mur entre nous ? Il est là, à côté, tout simplement. Et pourtant on fait tout pour que nos corps de s'effleurent pas. Il est là et peut-être que comme moi il fait semblant de dormir et repense à ces mots qui nous on fait frémir la veille. Nous sommes plus que deux êtres qui se tournent le dos dans un lit aux draps chargés de nos maux. Le Soleil se lève et avec lui le commencement de la réconciliation.
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Lundi 26 février 2007
La Fac s'en va, s'étiole, s'évapore, se dillue, s'enfuie, s'épuise comme un vague souvenir. Aujourd'hui c'était mon dernier jour assis sur les chaises tubulaires d'écoliers. Après demain la vie professionnelle prendra le dessus et sera mon nouvel eldorado. Tant de changements dans ma tête, tant de pages qui se tournent si vite. Tant de fierté aussi d'être arrivé jusque là. Tant de soirs et de nuits blanches à douter de mon parcours, à avoir peur. Tant d'ambition aussi. Tant de revanches à prendre.
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Dimanche 18 février 2007
Armés de nos petites serviettes blanches, on se ballade tranquillement dans les couloirs sombres de ces lieux atypiques. Tous âges se confondent, point de discrimination. On s'observe, se dévisage, se jauge rapidement, en moins d'une seconde on est classés, notés. Des groupes sont formés, beaucoup se connaissent ; les soirées mousses et autres naked parties ont créé leurs liens.
On ne s'y sent pas forcément à l'aise en ces lieux. On avait presque le trac avant d'y rentrer, c'est comme une prestation, on va devoir assurer. Et puis, ce n'est pas gratuit.  On peste devant  tel commerce du sexe, mais au moins on sera au chaud... On croise toujours les mêmes fantômes en ces lieux, des habitués, presque abonnés. Ils sont comme des piliers, leurs réputations s'est ainsi faite et les précèdent souvent. Chacun trouve comme il peut les remèdes contre la solitude... Au moins il y a de l'humain en ces lieux. La chaleur est partout, au thermomètre et dans les coeur.
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Mercredi 14 février 2007
Attendre infiniment à une caisse, ses courses étalées sur le tapis roulant, permet de s'évader un peu et parcourir les caddies de nos semblables, courant dans tous les sens pour trouver de quoi se mettre sous la dent.

Cette dame aux cheveux blancs, avec un caddie plein comme un oeuf : des viandes, des légumes, des frites surgelées, des paquets de gâteaux... surement qu'elle a ses enfants et ses petits-enfants chez elle. Elle doit prendre du plaisir à leur préparer les bons plats dont elle seule a la recette ! Peut-être des gâteaux, peut-être des plats en sauces ou des viandes grillées aux légumes vapeur ? Oui, c'est plaisant de voir un caddie rempli de secrets de grand-mère.

Et cette jeune fille bien habillée, mince, élégante ? Un coup d'oeil sur le tapis roulant : je vois des légumes verts de toute sorte (sans doute pour le régime : c'est le genre de fille à faire attention). Je vois aussi des blancs de poulet, des yaourts natures, du canderel et... un pot de Nutella qui trône au milieu. Cherchez l'intru !...

Ah, ici un homme, la cinquantaine, visiblement l'air agacé. Ca ne va pas assez vite. Son caddie est volumineux. Des packs d'eau minérale, un packs de lait, de la lessive, du papier WC... on peut supposer que sa femme l'a envoyé au supermarché pour acheter les "encombrants" : ce qui est lourd et pénible à manier... C'est le genre d'homme a avoir un Renault Espace. On comprend sa mauvaise humeur.

Et puis là deux jeunes hommes, post-adolescents qui paient en pièces de 2€. Encore quelques boutons d'acné juvéniles. Pas tout à fait éloignés de l'age bête. Deux packs de bière blonde Eco+ hyper promo, des chips, un petit pot de saucisses knacks, une bouteille de jus d'orange. Je pense que leur soirée va être arrosée.

Enfin là une dame chinoise qui a visiblement fait un tour au rayon cuisine asiatique, sans doute pour retrouver les saveurs de son pays natal ; là un vieil homme avec seulement un saucisson en main, là une mère avec 3 enfants à ses côtés qui pleurnichent et qui courent autour du caddie plein à craquer...

On ne s'ennuie jamais à la caisse des supermarchés.
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Dimanche 11 février 2007
Un test très étonnant à faire sans hésiter :
Politest

Après ce test, vous ne pouvez plus dire "je ne sais pas pour qui voter" !
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Jeudi 8 février 2007
Puisque c'est une présidentielle importante (elles le sont toutes, mais on sent bien que celle-là l'est tout particulièrement), puisqu'à la télé tout va trop vite et tout est tronqué, coupé, monté, et puisque j'ai envie de voir en vrai pour qui je vais peut-être voter, je suis allé hier soir au meeting de François Bayrou au Palais des Congrès de Bordeaux. Et j'étais bien placé : au 5ième rang !

Un meeting politique est un vrai spectacle auquel je n'avais jamais assisté. Tout commence par une entrée type arrivée de Johnny Haliday au milieu de la foule sur une musique techno, serrages de main, embrassades diverses et rapides, sourires impeccables, flash des journalistes, coups de caméras maladroits sur les spectateurs dans la bousculade, etc... Ensuite viennent les remerciements divers des associations organisatrices et des guest-stars (hier soir : Jean-Marie Cavada, Jean Lassale - qui n'a pas chanté -).

Puis vient le discours en lui-même. Et hier soir, ce fût sans note et chargé d'émotion à propos de ses souvenirs sur Bordeaux, ville de ses études et de la naissance de deux de ses enfants...

J'ai pu juger de la férocité des journalistes entre eux. Chose amusante : le journaliste de TF1. C'était lui qui avait la plus grosse caméra. Et il était toujours à contre-courant de la masse des autres journalistes : si les journalistes se bousculaient à gauche, lui était à droite. Et inversement. Lorsque le meeting s'est terminé et que François Bayrou est parti de la salle très rapidement, certains journalistes, bloqués par la foule, et inquiets de ne pas pouvoir filmer Bayrou sortant de la salle, grimpaient sur les sièges et enjambaient les gens... Un spectacle assez consternant.

Toujours est-il que ce fût une expérience intéressante : rendez-vous le 5 avril pour la venue de Ségolène.
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Mercredi 7 février 2007
Connaissez-vous le site Brit Doodz ?

Il s'agit d'un espace proposant diverses choses autour du dessin gay porno/érotique. Les dessins sont souvent très beaux (les chercher dans la Gallery) et une boutique et un blog sont à disposition !

Pour ma part, ma préférence va aux dessins et esquisses en noir et blanc.
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Mardi 6 février 2007
Hier soir, j'ai assisté à l'avant-première du film La Môme à l'UGC de Bordeaux. Elle s'est déroulée en présence de Marion Cotillard et de Pascal Greggory. La Môme est réalisé par Olivier Dahan.

Synopsis officiel : De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures, de Belleville à New York, l'exceptionnel parcours d'Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu'un roman, découvrez l'âme d'une artiste et le coeur d'une femme. Intime, intense, fragile et indestructible, dévouée à son art jusqu'au sacrifice, voici la plus immortelle des chanteuses...

Les raisons d'y aller : Un grand film français tourné en cinémascope ! Et comme il n'est finalement pas si rare, ici point de micro-perche qui pointe le bout de son nez en haut de l'écran ! La réalisation est à la hauteur, les détails sont soignés, tout comme l'image : toujours superbe. Marion Cotillard y incarne une Edith Piaf tantôt belle et jeune, tantôt âgée et courbée par la maladie. Tout y est, on y croit ; la voix et l'attitude de la gosse des rues du paname populaire sont justes. Il y a eu beaucoup de travail à la réalisation de ce film, aussi bien dans le jeu des acteurs qu'en technique pure ; notamment avec des plans séquences qui resteront : le plus long du film dure cinq minutes. Les acteurs secondaires sont tout aussi bien représentés, avec Jean-Pierre Martins (qui incarne Marcel Serdan), Gérard Depardieu, Clotide Courau, Jean-Paul Rouve, Sylvie Testud...

Les raisons d'hésiter : Le choix de la narration découpée et faite de flashbacks incessants perturbe parfois. Edith Piaf est jeune, puis l'instant d'après elle est enfant ou plus âgée, dans un lieu différent, etc... Heureusement les dates sont incrustées à l'écran et nous servent de points de repère aux évènements qui défilent. L'Edith Piaf qui évolue sous nos yeux est souvent peu aimable et le romanesque semble parfois prendre le dessus sur une réalité sans doute plus fade. Olivier Dahan a fait le choix de traiter assez lourdement la fin de vie d'Edith, sa maladie, ses handicaps, ses injections, la drogue, l'alcool, etc... On ne voit pas la vie en rose dans ces moments là. C'est souvent pénible et à la limite du morbide. Le film est clairement en plusieurs partie, la dernière nous colle à notre siège, nous tire les larmes et nous assome un peu.

Le public, venu en grand nombre hier soir puisque les deux grandes salles de l'UGC Bordeaux étaient pleines, a apprécié le film : les réactions au cours de la projection furent assez nombreuses, que ce soit pour rire à certaines scènes ou pour marquer un étonnement. Le film réserve en effet des surprises ! 

Je retiendrais de ce film l'extraordinaire prestation de Marion Cotillard, qui révèle un grand travail de préparation et une implication sans faille. Le film est ample, lourd, dense. La Môme est une vraie performance d'acteurs et de réalisation.

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Lundi 29 janvier 2007
Bientôt, je ne serai plus étudiant. Je ne saurai plus ce qu'est que d'avoir des examens, de réviser, de travailler des cours, d'écouter des journées entières des gens parler. Le temps passe... Tout ça me travaille un peu le corps et l'esprit. Je suis un vieil étudiant, j'ai pris le pli depuis toutes ces années, à tel point que je pensais que jamais je n'en sortirai de ma Fac.

Bientôt on aura un nouveau président de la République, masculin ou féminin semble-t-il, et pour sûr, quoiqu'il arrive, il va y avoir du changement !

Bientôt il n'y aura plus de pétrole, que va-t-on faire de nos voitures, camions, tondeuses à gazon, mobylettes pétaradantes, avions ? Va-t-on devoir cultiver nos tomates dans le jardin et élever quelques poules pour le repas du dimanche ? Une chose est sûre, on a abandonné la mule bien trop tôt.

Bientôt, l'Ile de Ré aura disparu, à cause des glaciers qui ont la mauvaise idée de fondre. Que vont devenir les Jospin ? Et si le Gulf Stream disparaît, on peut dire adieu à nos baignades l'été à l'océan et chausser des Moonboots l'hiver à Bordeaux, puisqu'à cette latitude on aura le climat de Montréal... Par contre à Nice, on ne pourra cultiver que des cactus tant il fera chaud et sec. L'eau au robinet va finir par manquer. Que va-t-on faire de nos Vieux ?

Le temps passe, passe, passe... trop vite et nous mène vers des mondes inconnus et insoupçonnés.
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Vendredi 26 janvier 2007
Stupidement, on croyait que ça nous épargnerait. Pourquoi une telle prétention ? Pourquoi ma famille serait-elle vaccinée contre le cancer ?

Une personne de ma famille est touchée. C'est même pas "triste", le mot ne convient pas. C'est dur, très dur, c'est pénible, c'est injuste, c'est horrible, c'est angoissant, désespérant. Le temps passe vite désormais. Mon oncle, tout juste grand-père, se bat au quotidien entre la chimio-thérapie et les douleurs psychiques et physiques des effets secondaires.

Aujourd'hui, sa femme et lui ont compris qu'il ne guérirait pas. Les médecins ont fait passer le message le plus doucement du monde. Auraient-ils dû ? Faut-il vraiment dire ce genre de vérité ? Aujourd'hui ils n'ont plus que "A quoi bon ?" qui peut sortir de leur bouche. Alors nous, on est à leurs côtés. On les soutient, comme depuis le début, mais aujourd'hui encore plus. On sait que désormais la moindre attention à leur égard aura une puissance insoupçonnée.

Je m'étais juré de ne pas raconter ma vie dans ce blog. Pour une fois, c'est bien moi, l'auteur de ce blog, qui se cache derrière le 'je' de ce paragraphe. Je déroge à la règle... Poser ces mots et en faire ces quelques phrases m'a (un peu) soulagé.
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Mardi 23 janvier 2007
Quand je rentre chez moi, la première chose que je fais est d'allumer la télé. Impensable de rester ici, seul entre ces quatres murs angoissants, sans une fenêtre colorée et animée sur le monde extérieur. Je prends la télécommande et après avoir enlevé mes chaussures et mon manteau, d'un geste précis du doigt, j'ébranle le canon à électrons de mon tube cathodique qui, fidèle, me fait apparaître en quelques instants les têtes connues qui habitent mon petit monde télévisuel... Elles me rassurent ces têtes là, elles ont des belles vies, elles sont toujours souriantes, toujours bavardes, jamais tristes. C'est bien différent de ce que je connais du quotidien. Et puis il paraît qu'elles sont riches ces têtes-là ! Faut dire qu'elles répandent la bonne parole. Je les bois des yeux lorsqu'elles me parlent de films, pièces de théatre, ou de politique. Elles ont toujours quelque chose à dire, et bon Dieu, qu'elles le disent bien ! Jamais je n'arriverais à avoir un flot de paroles comme elles... Elles sont fortes ces têtes là. C'est du vrai spectacle, et moi un vrai spectacteur ; j'ai renoncé à participer à tous ces débats, je suis perdu dans cette immensité. Peu m'importe, ce que je veux avant tout lorsque j'allume ma télé, c'est de ne pas être seul, je ne veux pas passer mes soirées dans le noir et le silence.
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Vendredi 19 janvier 2007
Je pense que chacun d'entre nous, qu'on soit fille ou garçon, homo ou hétéro, jeune ou vieux, à un jour expérimenté cet étrange sentiment qu'est la jalousie. Souvent on la ressent en nous, parfois c'est celle de l'autre qui nous envahi.

Lorsque je la ressens, j'ai une vague profonde qui apparait dans mon ventre, c'est une vraie souffrance, c'est douloureux. C'est souvent parce que je suis dans la comparaison avec une autre personne,
dont je la pense rivale. Je me sens inférieure à cette personne que je prends à cet instant pour modèle. On est rarement objectif dans ces situations. Lorsque la jalousie amoureuse apparait c'est parce que je perds l'illusion du couple binaire, du duo parfaitement complice et uni. Cette unité est ébranlée par l'apparition d'une autre personne. Le "nous" (moi + toi) est, dans mon imaginaire, mis à mal et pourrait bien devenir moi + toi + l'autre, auquel cas je pèse moins, je perds de mon importance, je ne suis plus l'exclusif. La souffrance qui gagne en moi me fait perdre parfois la raison et l'on tombe dans la crise de jalousie. Je quitte alors le personnage de jaloux silencieux vers celui de jaloux compulsif. Je dis des mots volontairement blessant et je prends alors un plaisir presque sadique à les dire. Pourtant, je les regrette aussitôt, ils s'ajoutent à ma douleur et je me rends compte que cet infernal sentiment n'est qu'une spirale sans fin dont il faut avoir une sacrée force de caractère pour dire "stop" et reprendre raison. Ce n'est pas ça l'amour, on le sait bien. Ce n'est pas être belliqueux. Ce n'est pas être blessant, étouffant, possessif. Malgré cela, même si on sait tout ça, on reste faible face à cette mauvaise émotion qui peut nous dominer et prendre le contrôle.

Alors je fais des efforts, je repense mon rôle et je me recentre vers le meilleur : celui de l'amoureux tout simplement !
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Jeudi 18 janvier 2007
Vous avez toujours voulu savoir comment fonctionne notre disque dur d'ordinateur, l'endroit où est stockée toute notre vie informatique, nos photos, films, documents personnels ? Regardez cette vidéo.

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Mercredi 17 janvier 2007
Hier soir j'ai assisté à l'avant-première de Pars vite et Reviens tard, le nouveau film de Regis Wargnier avec, entres autres acteurs José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gilain, Olivier Gourmet, Michel Serrault. Cette avant-première (à l'UGC Ciné-Cité de Bordeaux) s'est déroulée en présence de José Garcia, Régis Wargnier et Marie Gilain.

Synopis officiel : " Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg n'aime pas le Printemps. Il se méfie des montées de sève, des désirs d'évasion, du déferlement des pulsions, tous ces signaux qui sonnent le retour des beaux jours... Et il a raison Adamsberg... Sa fiancée, Camille, prend du recul, et son absence coupe les ailes du commissaire, au moment où il en aurait le plus besoin : quelque chose vient de tomber sur la capitale, une énigme porteuse de malédiction, qui pourrait bien virer au malheur, si on ne la résout pas fissa... D'étranges signaux se répandent sur les portes des immeubles de Paris, et des mots inquiétants, mystérieux, sont lâchés à la criée sur les marchés... Et puis arrive ce qu'Adamsberg redoutait : Un premier mort, le corps noirci, le visage figé dans une grimace de terreur, les signes de la peste... Et c'était ça qu'annonçait l'énigme, le retour du terrible fléau, mais avec une sacrée variante, il semble que quelqu'un contrôle la maladie et la porte où il veut."

Les raisons d'y aller : On voyage dans un Paris un peu sombre et mystérieux, l'ambiance du polar écrit à l'origine par Fred Vargas est semble-t-il respectée et les acteurs collent bien aux personnages originaux. Certains passages entretiennent le suspens de l'histoire et la tension monte fréquement. Les amateurs du genre sont ravis ! Le choix des acteurs se justifie ; j'ai particulièrement aimé le rôle de Joss, le crieur, incarné par Olivier Gourmet.

Les raisons d'hésiter : L'histoire reste peu crédible et l'on a beucoup de mal à y rentrer totalement. José Garcia, excellent dans Le Couperet, est ici très (trop) sombre et paraît surjouer sa mauvaise humeur permanente. Ca devient un peu trop habituel les personnages de commissaire grincheux dans les polars français... Je reconnais m'être assez ennuyé.

Quant à la suite, après le générique de fin, sont arrivés Régis Warnier, José Garcia et Marie Gilain. Le public les a applaudi poliment, sans fioritures particulières. Après unes ou deux traditionnelles blagues sur le vin de Bordeaux, ils ont répondus à quelques questions posées par une animatrice très exaltée de France 3 Aquitaine, puis le micro s'est balladé dans le public. Régis Wargnier est resté maître des réponses, Marie Gilain n'en pouvant plus de rester debout, elle s'est assise dans l'ombre, sur l'estrade au pied de l'écran... Seul José a bien voulu rester debout aux côtés de l'animatrice. Finalement tout ce petit monde est vite reparti, évitant la foule et a disparu dans les couloirs de l'UGC.

J'étais heureux de voir "en vrai" José Garcia, un acteur qui m'a fait autant rire qu'inquiéter (Le Couperet). Je reste néanmoins sur ma faim, il n'y avait que peu de générosité hier soir dans leur venue et la façon dont il est parti m'a déçu. Sans doute je reste sur la précédente avant-première que j'ai vu (Prête-moi ta main) en compagnie d'Alain Chabat, qui s'est révélé être d'une grande sympathie avec le public, qui d'ailleurs ne s'est pas trompé et n'a pas été avare en applaudissement et standing-ovation, à la différence de hier soir !... Finalement, la soirée a été
à l'image du film : glaciale.
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Dimanche 14 janvier 2007
Et si l'on pouvait revenir quelques années en arrière et se croiser dans la rue, est-ce que l'on se reconnaîtrait ? Est-ce qu'on se parlerait, se séduirait ? Est-ce que deux personnes qui s'aiment aujourd'hui s'aimeraient à une autre époque, un autre temps, d'autres lieux ? Est-ce que ce l'alchimie d'une rencontre à un moment donné aurait pu arriver plus tôt, auquel cas tout ce qui s'est passé avant n'est que du temps perdu ?
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Jeudi 11 janvier 2007
Je suis une petite employée dans un monde devenu trop complexe. Derrière mon guichet, je fais mes heures tranquillement et les jours de la semaine finissent par se ressembler ; le temps passe si lentement... En ce moment, pour être sûre, je demande régulièrement à mes collègues quel jour l'on est. Il s'agit de ne pas se tromper. Les clients m'en voudraient, et j'ai toujours essayé de faire mon travail le mieux que je pouvais.
Mes clients sont toujours là, je les vois, je les observe. Je les comprends impatients, nerveux, inquiets. Ils sont tous avec des lettres, des petits colis, des avis de passage du facteur. Ils me posent souvent les mêmes questions, auxquelles je réponds avec toujours les mêmes réponses. Ma vie n'est pas très drôle, parfois je fais le bilan ; il paraît qu'à la cinquantaine on y passe tous à ces interrogations. Je préfère esquiver ce genre de compte-rendu sur ma vie, ça ne me rend pas heureuse et je finis par mal faire mon travail, en me perdant dans les jours de la semaine, et je m'en veux.
Je connais certains de ces clients, ils viennent régulièrement, consultent leurs comptes en banque, retirent quelques sous, y déposent de maigres sommes... Ils sont âgés, et rassurés par ma présence et mon humanité, ou au contraire ils sont jeunes et impatients, agacés par ma lenteur. Je ne vais jamais assez vite. Je sens parfois dans leurs yeux leur mépris, m'accusant toujours des mêmes choses... Ils me reprochent certainement, et comme tant d'autres, de faire partie du système, d'être privilégiée... Ils préfèreraient avoir affaire avec une machine plutôt qu'avec moi. Je le sais ! J'essaie de garder la tête haute, mais parfois c'est difficile. Seraient-ils toujours aussi convaincus de mon privilège s'ils savaient le mépris que l'on a à mon encontre ? Où est le privilège de ma condition dans ce travail qui ne me valorise pas à leurs yeux ?
La fin de la journée arrive... je quitte mon guichet tranquillement. La soirée va commencer, je rentre chez moi avec mes doutes sur cette vie et quelques images en tête sur la journée écoulée. Finalement elle ne fût pas si désagréable que ça. Demain j'essaierai de faire encore mieux. Et surtout, il faut que j'arrête de me torturer l'esprit avec des questions sans importance...
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Lundi 8 janvier 2007
Tu es brun, ténébreux, hum tu me plais ! Ah, mince voilà qu'un autre te remplace : un joli garçon sur ce trottoir avec un jean qui lui va décidément très bien. Et hop un superbe cycliste vient de me dépasser en un instant, je n'ai pas eu le temps de bien voir ! Tant pis, derrière voilà que surgit un blond ; il n'est pas trop mon genre mais diable qu'il est sexy, je ne vais pas faire le difficile ! Il disparaît au coin de la rue et voilà qu'un autre aux yeux clairs arrive...

Non, aux feux rouges, dans ma voiture, je ne m'ennuie pas...
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Dimanche 7 janvier 2007
J'ai dernièrement un peu ralenti l'activité sur ce blog, il fallait en effet que je prenne conscience d'une chose : le pouvoir du mot, de la phrase. J'avais jusqu'alors largement sous-estimé celui-ci.

Que s'est-il passé ?

J'ai trouvé amusant, il y a quelques jours, de faire le portrait  sur ce blog d'un personnage gay (voire "folle") à la vie débridée, rythmée par ses "plans Q" et ses cuites à la vodka. J'avais écrit ce portrait à la première personne (le "je" donc) et sur une trentaine de ligne on suivait une journée type de ce personnage.

Jusque-là, rien de très extraordinaire. Le problème est venu du fait que je me suis basé à 95% sur une personne faisant partie de mes connaissances. Mon portrait était donc calqué sur la vie de ce garçon. Pour autant, jamais je ne citais son nom, ni de quoi l'identifier formellement, évidemment.

Ce portrait n'avait rien de haineux, néanmoins, l'acidité et le réalisme dérangeant du texte que j'avais écris, faisant transparaître ma divergence de point de vue sur les choix de vie de ce garçon, a entraîné une polémique vive avec une personne proche qui m'est chère, puisqu'elle a reconnu le garçon pris en modèle. L'incompréhension face à ce texte fût grande ! Je l'admets entièrement. L'objectif de cet article était simplement de me démarquer de cette façon de vivre de certains homos...

J'ai alors compris qu'il était faux de penser que les conséquences de mes écrits n'engageaient que moi et moi seul. Mes prises de position sont ce qu'elles sont, je les assume, mais je ne veux pas qu'elles entraînent des dommages collatéraux se répercutant sur mes proches.

J'ai retiré l'article en question deux heures après l'avoir mis en ligne. Cette censure que je me suis imposé (c'est moi qui aie fait le choix) m'a fortement contrarié : est-ce que ce blog doit être lisse et sans prises de position ? Je reconnais le fait que cet article était relativement violent par rapport à quelqu'un qui raconte simplement sa vie, mais j'assume mes avis parfois un peu durs. J'ai une personnalité, j'ai des opinions souvent tranchées ; je l'admets. C'est aussi ce qui fait ma force.

Bref, j'ai fait une petite pause dans ce blog qui n'a qu'un mois et demi, afin de savoir quel avenir lui réserver, et avec quelle liberté de ton. Les mots ont un sacré pouvoir, j'en ai pris conscience. Ils peuvent blesser, faire rire, émouvoir. Ils peuvent même rendre amoureux ! Je regarde mon clavier d'ordinateur de façon différente désormais, et je dois dire que je le regrette un peu.

En tout cas, si vous passez par là, j'aimerais beaucoup avoir vos avis de bloggeurs confirmés. Peut-on tout dire sur son blog ? Quelles sont les limites à s'imposer ?...
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Jeudi 4 janvier 2007
Je vais donc quizzer à la demande de Peio. Petit rappel de la règle : répondre à une suite de questions hautement pertinentes.

1. Quel peintre vous aurait pris pour modèle ?
Pedro. C'est un peintre en bâtiment très célèbre.

2. Quel auteur aurait pu écrire le roman de votre vie ?
Il n'y a rien de spécial dans ma vie qui mériterait beaucoup de talent pour l'écrire. Néanmoins je refuse que ce soit Pascal Sevran qui en soit l'auteur.

3. Quel chanteur aurait pu faire une chanson sur vous ?
Encore une question pour prétentieux ! En tout cas, là encore je ne souhaite pas que ce soit Pascal Sevran.

4. Quel metteur en scène aurait pu filmer le mieux votre vie ?
Il ne me semble pas que Pascal Sevran fasse des films. Encore que, sait-on jamais, je me méfie ! Ca touche à tout ces bêtes-là.

5. Quel compositeur aurait pu composer pour vous ?
Je crois que vous devinez la réponse.

6.
Quel ustensile de cuisine seriez-vous ?
Un couteau.

7.
Quel plat ou ingrédient seriez-vous ?
Une salade composée.

8.
Quelle pièce de la maison seriez-vous ?
La chambre.

9. Quel meuble seriez-vous ?
Le lit [je ne dors pas très bien en ce moment]

10. Quel jeu de société seriez-vous ?
Le Cluedo.

11. Quel moyen de transport seriez-vous ?
Un bus scolaire.

12. Quelle ville seriez-vous ?
Eygurande-et-Gardedeuil.

13. Quel musée seriez-vous ?
Il est long ce quizz ! Le muséum d'histoire naturelle.

14.
Quel pays rêvez-vous de visiter ?

Les Etats-Unis.

15.
Quel objet transporteriez-vous sur une île déserte ?
Une couverture en polaire.

Voilà, c'est fini !
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