Vendredi 28 septembre 2007
Cette fois, nous y sommes. L'heure du départ a sonné. Lundi matin je serai parmi les travailleurs, pour plus de 40 ans... Etrange sentiment que
celui de quitter la famille et les amis. On sait qu'on les reverra, mais ce ne sera plus dans la promixité et la régularité. Terriblement angoissant. Je profite donc de chacun de ces
derniers instants ici, pensant à l'incroyable changement de quotidien que je vais devoir affronter. Mais je l'ai choisi, ce n'est pas une situation forcée. A l'époque du choix, j'ai pensé que
c'était mieux pour moi. Nous verrons bien d'ici quelques temps...
par Thomas
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Ma vie
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C'est totalement incroyable tout ce qui peut rentrer dans un appartement de 20m². Quasiment autant que dans le sac de Mary Poppins ! (Pour ceux qui auraient raté ce film qui a enchanté
mes petites années, la belle Mary Poppins -Julie Andrews- a un "magnifique" sac de voyage duquel elle sort à l'infini tout un tas d'objets divers :
livres, lampadaires, miroirs...).
Je pense que l'appartement que j'occupais et que je suis entrain de vider tant bien que mal est doté des mêmes pouvoirs que le sac de Mary Poppins. Des caisses et des caisses que je vide depuis
plusieurs jours. L'avantage, il y en a un, c'est que je retrouve des choses perdues : une petite laisse de chat en cuir beige, une balle de golf trouvée dans un jardin il y a
bien longtemps, une chaussette esseulée (ce qui pour le coup clôt le Mystère de la Chaussette Déparaiée qui, elle, était restée bien sagement dans le tiroir), le feutre noir indélébile
qui m'a tant manqué pour écrire sur les CD-R que je gravais, des boules Quiès...
Bref, déménager c'est fatiguant et, dans l'appartement de Mary Poppins, c'est difficile d'en voir le bout. Pourtant ça devient urgent : J-2 avant de rendre les clés et faire l'état des lieux
de sortie (j'en frissonne d'avance).
Du courage j'en trouve après une petite pause briochette-Nutella de temps en temps. Car comme chante Julie Andrews, "C'est le morceaux de sucre qui aide la médecine à couler... "
:-)
par Thomas
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Ma vie
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Je suis souvent étonné, même troublé, par la rapidité avec laquelle une odeur, toujours inattendue, sortie d'un vieux meuble, d'un ancien
parfum, d'un livre oublié ou d'une fleur peut refaire surgir à grande vitesse un souvenir enfoui en nous, que l'on aurait eu grand mal à retrouver avec de simples paroles. Pas plus tard
qu'hier, je sui tombé, dans la maison de mes parents, sur une ancienne petite boite de parfum d'intérieur à l'huile essentielle de cèdre, perdue au fond d'un placard depuis des années. Surpris de
cette découverte, j'ai saisi la boite. Elle était encore fermée, bien que vieillie par le temps. Je l'ai ouverte, et l'odeur était encore là, intacte. Sitôt pénétrée dans mes narines, la
douce senteur du cèdre a fait jaillir en moi un souvenir datant d'au moins une dizaine d'années, alors que j'étais adolescent. Cette senteur brûlait dans la maison, je m'en suis souvenu, au
moment de Noël. Des images de la salle à manger décorée me sont apparues très nettement, telle qu'était la maison à cette époque. Tout était là, intacte : le feu de cheminée, le sapin, la lumière
hivernale, la disposition des meubles. Je suis resté troublé par ce souvenir, qui semblait si réel.
Je pense que chacun de nous a déjà fait l'expérience de ces voyages dans le temps sous l'impulsion d'une odeur retrouvée. Notre cerveau est un véritable coffre-fort, renfermant chacun des
épisodes de notre vie. La clé de ces souvenirs est suspendue à une petite odeur, quelque part, cachée, que l'on retrouve lorsque la chance se mèle au hasard. C'est à la fois plaisant et triste ;
plaisant car le souvenir est intact et puissant, mais triste, car fugace et involontaire.
par Thomas
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Ma vie
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Mince, voilà qu'elle est revenue ce matin. Elle m'a pris par surprise et je me suis réveillé d'un bond aux premières lueurs du jour. Pourtant, je n'ai pas mon quota de sommeil. Pourquoi
me réveille-t-elle cette foutue angoisse ? C'est de plus en plus régulièrement que j'ai rendez-vous avec elle. Et toujours le matin : le scénario est bien rodé. Les yeux grands ouverts,
dans mon lit, je contemple le plafond, la gorge nouée et la respiration courte. Alors, pour y remédier, je préfère me lever et ouvrir en grand les volets de la chambre. Tel un vampire, aux
premièrs éclats du Soleil elle disparaît. Mais je la sais seulement évanouie, elle se réincarnera bien vite dès qu'elle le pourra, à la prochaine nuit. Je ne suis pas dupe, je connais les causes
de cette anxiété. Je me rapproche de plus en plus du moment où je vais changer pour de bon de mode de vie, du tout au tout : de ville, de statut social, de vie sociale, de
décor... L'excitation positive que je ressens le jour s'accompagne la nuit de sa maudite jumelle, qui ne s'estompera que lorsque tout sera stabilisé...
par Thomas
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Ma vie
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Voilà un moment que cela me travaille. Je crois que je vais prendre la plume et écrire une lettre à ma mère pour lui dire ce que j'ai au fond de moi. Sur ma vie, mon présent et l'avenir que je souhaite. J'ai toujours été meilleur à l'écrit qu'à l'oral. L'écrit est plus lent, j'ai le temps pour trouver et peser mes mots et m'exprimer. Dans cette lettre, j'écrirai sur mon quotidien qui est tellement plus riche que ce que nos coups de fils 'politique de l'autruche' ne laisseraient prétendre. Je lui dirai que je suis heureux d'être son fils, et qu'il est difficile pour moi de sortir des sentiers battus et d'être différent. Je lui dirai le poids de la famille. Je lui dirai que j'ai des amis sur qui je peux compter. Je lui dirai que je ne suis pas seul. Je lui dirai que je suis heureux dans cette vie là, riche à rencontrer sans cesse des gens différents. Je lui dirai...
par Thomas
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Ma vie
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La Fac s'en va, s'étiole, s'évapore, se dillue, s'enfuie, s'épuise comme un vague souvenir. Aujourd'hui c'était mon dernier jour assis sur les chaises tubulaires d'écoliers. Après demain la vie professionnelle prendra le dessus et sera mon nouvel eldorado. Tant de changements dans ma tête, tant de pages qui se tournent si vite. Tant de fierté aussi d'être arrivé jusque là. Tant de soirs et de nuits blanches à douter de mon parcours, à avoir peur. Tant d'ambition aussi. Tant de revanches à prendre.
par Thomas
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Ma vie
4
Stupidement, on croyait que ça nous épargnerait. Pourquoi une telle prétention ? Pourquoi ma famille serait-elle vaccinée contre le cancer ?
Une personne de ma famille est touchée. C'est même pas "triste", le mot ne convient pas. C'est dur, très dur, c'est pénible, c'est injuste, c'est horrible, c'est angoissant, désespérant. Le temps passe vite désormais. Mon oncle, tout juste grand-père, se bat au quotidien entre la chimio-thérapie et les douleurs psychiques et physiques des effets secondaires.
Aujourd'hui, sa femme et lui ont compris qu'il ne guérirait pas. Les médecins ont fait passer le message le plus doucement du monde. Auraient-ils dû ? Faut-il vraiment dire ce genre de vérité ? Aujourd'hui ils n'ont plus que "A quoi bon ?" qui peut sortir de leur bouche. Alors nous, on est à leurs côtés. On les soutient, comme depuis le début, mais aujourd'hui encore plus. On sait que désormais la moindre attention à leur égard aura une puissance insoupçonnée.
Je m'étais juré de ne pas raconter ma vie dans ce blog. Pour une fois, c'est bien moi, l'auteur de ce blog, qui se cache derrière le 'je' de ce paragraphe. Je déroge à la règle... Poser ces mots et en faire ces quelques phrases m'a (un peu) soulagé.
par Thomas
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Ma vie
2
Et si l'on pouvait revenir quelques années en arrière et se croiser dans la rue, est-ce que l'on se reconnaîtrait ? Est-ce qu'on se parlerait, se séduirait ? Est-ce que deux personnes qui s'aiment aujourd'hui s'aimeraient à une autre époque, un autre temps, d'autres lieux ? Est-ce que ce l'alchimie d'une rencontre à un moment donné aurait pu arriver plus tôt, auquel cas tout ce qui s'est passé avant n'est que du temps perdu ?
par Thomas
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Ma vie
3
Tu es brun, ténébreux, hum tu me plais ! Ah, mince voilà qu'un autre te remplace : un joli garçon sur ce trottoir avec un jean qui lui va décidément très bien. Et hop un superbe cycliste vient de me dépasser en un instant, je n'ai pas eu le temps de bien voir ! Tant pis, derrière voilà que surgit un blond ; il n'est pas trop mon genre mais diable qu'il est sexy, je ne vais pas faire le difficile ! Il disparaît au coin de la rue et voilà qu'un autre aux yeux clairs arrive...
Non, aux feux rouges, dans ma voiture, je ne m'ennuie pas...
par Thomas
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Ma vie
2
Ma kiné, tu me masses et pendant que tu me masses, je t'observe. Tu es de toutes les confidences, tes patients te font confiance. Parfois sportifs tristes car blessés, ils te racontent leurs parcours, leurs performances et leurs accidents qui ont fait qu'ils passent aujourd'hui entre tes mains. Il arrive aussi qu'ils soient au tout début de leur vie, tu masses alors ces petits bébés avec dextérité et puissance sous le regard inquiet de leurs parents. Mais très souvent, ils sont âgés, et tu es à leur écoute : leur vie est souvent devenue triste et rétrécie par leurs douleurs qui les enferment chez eux. Tu es alors une belle rupture dans leur journée avec ta jeunesse et ton sourire ! Ils t'appellent par ton prénom, et beaucoup d'entre eux t'embrassent. J'entends des rires qui s'échappent des salles de massage lorsque tu es avec eux : à chaque fois ils repartent plus détendus que lorsqu'ils sont arrivés. Bien plus que leurs corps fatigués, tu as massé leurs âmes et c'est avec le sourire que vous décidez ensemble du prochain rendez-vous !
par Thomas
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Ma vie
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Vendredi 29 décembre 2006
Un peu plus à gauche. Ah, trop loin, reviens vers la droite. Ok, là t'es centré mais t'es un peu haut, descend un peu. Non, descends je t'ai dit, t'es trop haut je t'assure ! Si je te le dis ! Bon alors on reprend. Tu étais dans l'axe. Reviens à ta position initiale. Voilà, très bien. Alors maintenant tu descends tranquillou, dans l'axe, voilà, comme ça. Tu vas y arriver. Stop ! Juste 5° à gauche et t'y es. Décidément, tu ne connais pas ta droite et ta gauche ! Ah, ça y est, tu y es, tu peux y aller. Hé mince t'as débandé...
par Thomas
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Vous avez dit...